Humeurs

JE ME SUIS RASÉE LA TÊTE ET C’EST LIBÉRATEUR

J’ai longtemps voué un véritable culte à mes cheveux et aux rajouts. En tant que femme, j’ai intégré, très jeune, les codes toxiques qui lient intrinsèquement ma féminité à l’abondance et la longueur de ma chevelure. On grandit avec l’idée selon laquelle perdre nos précieux cheveux nous diminue de sorte que, rompre sciemment avec cette injonction sur notre physique constitue un sacrilège voire un trouble à l’ordre public. Avec le temps, lasse de gaspiller mon énergie à entretenir mes vrais et faux cheveux, j’ai jugé que ce n’était pas aux autres de définir les poils que je devais vénérer, ceux qui étaient valables et acceptables sur mon corps et ceux dont je devais me départir ou avoir honte. Qu’ils soient sur ma tête, mon visage, mes jambes ou le reste de mon enveloppe charnelle, c’est à moi seule de décider de leur sort.

J’ai donc joint l’acte à la parole lors de mon séjour à Abidjan. Sentir la tondeuse cisailler ma toison pour la première fois n’a absolument pas été un moment mélodramatique où j’ai tenu meurtrie, dans le creux de mes mains,  chaque petite touffe qui gisait sur mes épaules. Au contraire, rencontrer des  abidjanaises brillantes et inspirantes qui arborent leur crâne rasé avec prestance comme ma mère, 68 ans et sa pluie  de sel immaculé sur la tête, m’a encouragée à sauter le pas. Ce fut libérateur de ranger les peignes, les huiles non-essentielles de larme de caïman spéciale repousse, les poudres de dents de poule du Pendjab et le reste de l’artillerie lourde.

Jamais je n’aurais imaginé qu’il était si doux de ne pas tressaillir à la simple vue d’une gouttelette de pluie ou à l’évocation d’une activité piscine ou plage qui n’était pas prévue minimum 3 ans à l’avance. J’ose croire que dans les années à venir, une femme sans cheveux sera un non-évènement. Pour l’heure, puisque le corps de la gente féminine est la propriété privée de la société, que l’obscurantisme, parent pauvre de l’évolution, a la dent dure et ses adeptes l’imagination prolifique pour façonner des défauts qui n’en sont point, le salut se trouve dans l’ignorance des personnes qui vous jugent parce qu’elles n’ont pas le courage de braver les clivages. Si vous laissez leurs angoisses et leurs attentes ultra normées impacter sur vos choix,  vous ne vivez plus.

Comme le résume si bien Saint Augustin, mon semblable en matière de sainteté: « AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX »

Souliers: Jonak

Jean : Levi’s

Chemise: chinée dans une petite boutique lilloise

Chaussettes dorées pailletées: Calzedonia

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